AVC : les enfants aussi sont concernés

AVC : les enfants aussi sont concernés

Par Mathilde Ragot

À l'occasion de la Journée mondiale de l'accident vasculaire cérébral (AVC) ce lundi 29 octobre, les spécialistes alertent la population sur un cas méconnu mais rare : celui de l'AVC chez l'enfant. Seulement 1 % des AVC concernent les moins de 18 ans. Chaque année, entre 500 et 1 000 nourrissons, enfants et adolescent sont ainsi touchés. Cette pathologie peut ainsi survenir à tout moment de la vie, de la petite enfance à l'âge adulte. La fréquence de la maladie augmente néanmoins avec l'âge.

 

Selon un sondage Odoxa mené pour la Fondation pour la recherche sur les AVC en 2018, près de 4 Français sur 5 sous-estiment le nombre de nourrissons ou d'enfants victimes d'un accident vasculaire cérébral. De même, 4 sur 5 n'en reconnaîtraient pas les symptômes chez cette population particulière, et « seule une faible minorité » aurait le réflexe d'appeler le 15 en présence de ces signes. Les signaux d'alerte peuvent être les même que chez l'adulte, mais sont plus difficiles à détecter. Une déformation de la bouche, un engourdissement d'un côté du corps, des difficultés à comprendre ce qui est dit ou l'impossibilité de parler doivent alerter.

 

 

70 % des enfants gardent des séquelles

Marylin Soliveau est maman d’un petit garçon victime d’un AVC pédiatrique. En mai dernier, elle témoignait pour avertir les familles. « Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un enfant puisse avoir un accident vasculaire cérébral », expliquait-elle dans les pages du Parisien. Après cet événement, son petit Swann a été contraint de suivre trois fois par semaine un suivi et des séances de rééducation. « Cette lourde rééducation est importante si l’on veut que notre bébé retrouve ses facultés car il faut savoir que près de 70 % des enfants gardent des séquelles (motrices, épileptiques, cognitives, ndlr) après le traumatisme », ajoutait-elle. La Fondation pour la recherche rappelle que l’AVC est la première cause de handicap acquis chez les enfants.

 

Il n’existe pas de traitement standard chez les plus jeunes. Tout dépend de la cause, qui peut aller d’un traumatisme crânien à une infection virale en passant par de la déshydratation. Mais « 50 % n’ont pas de cause identifiée, estime le Dr. Manoëlle Kossorotoff, coordinatrice du centre national de référence sur le sujet interrogée par le journal Sud Ouest. La majorité de ces AVC survient chez des enfants préalablement en bonne santé ». Elle déplore un délai de diagnostic trop long, puisque c’est dans les 4h30 suivant l’accident qu’il faut agir. Connaître les signes avant-coureurs permet donc d’intervenir rapidement et de limiter le risque de séquelles.