En finir avec la rhinite allergique

En finir avec la rhinite allergique

Nathalie Courret

Antihistaminiques, corticoïdes, acupuncture, homéopathie… des spécialistes expliquent comment traiter cette allergie respiratoire.

Nez qui coule, éternuements, démangeaisons… la rhinite allergique saisonnière se manifeste avec le retour  des pollens (on l’appelle aussi  rhume des foins), et dure quelques semaines à quelques mois. Lorsque ce sont les acariens qui en sont responsables, elle devient chronique et dure toute l’année..

 

Les médicaments contre l’allergie respiratoire

Quand le nez commence à piquer, privilégier un spray à base de cromoglycate de sodium, bien toléré notamment chez le jeune enfant. Cela limite la réaction inflammatoire et suffit parfois à contrôler l’allergie. Autre solution :  le spray qui dépose un film protecteur sur la muqueuse nasale (acide hyaluronique, poudre de cellulose) afin de réduire le contact avec l’allergène.
     
Quand d’autres symptômes de la rhinite allergique (yeux qui piquent, éternuements) apparaissent, prendre un médicament antihistaminique sous forme de comprimés (un par jour). Certains sont disponibles sans ordonnance, comme ceux à base de cétirizine.
     
 «La corticothérapie d’action locale, dans le nez, est préconisée quand la rhinite est plus grave et le traitement antihistaminique insuffisant», souligne le Pr Antoine Magnan, pneumologue et allergologue.
     

Le traitement dure un à plusieurs mois, «l’idéal étant de l’initier début mars jusqu’à fin avril, c’est le minimum, précise le Dr Marie-Christine Delsaux, allergologue. Les molécules allergisantes des arbres, essentiellement le bouleau, sont de petite taille et induisent plus souvent des problèmes respiratoires. Mieux vaut traiter rapidement. Dans le cas contraire, cela s’aggrave vers de l’asthme ou d’autres allergies».

 

La désensibilisation allergique

La désensibilisation peut être proposée aux patients très gênés par leurs symptômes, et dont l’allergène (à condition qu’il n’y en ait qu’un ou deux maximum) a été clairement identifié par des tests cutanés. Ce traitement est prescrit uniquement par un allergologue.

Cette immunothérapie est efficace contre les acariens, les pollens de graminées, de bouleau, de cyprès et d’ambroisie.
 

Homéopathie et rhinite allergique

L’homéopathie propose des traitements “sur mesure” ainsi qu’une spécialité, Rhinallergy pour le rhume des foins ou la conjonctivite allergique. « Peu ou pas d’études pour attester de son efficacité, mais des substances homéopathiques traditionnellement utilisées par les médecins homéopathes », indique le laboratoire.

« Ces traitements peuvent être complémentaires, mais ils ne suffisent pas en cas de symptômes sévères ou de crises aiguës », estime le Dr Delsaux.
 

Acupuncture et rhinite allergique

L’acupuncture présente un intérêt modéré, mais démontré et reconnu par l’Organisation mondiale de la santé comme par la Haute autorité de santé. «C’est souvent un patient en échec thérapeutique ou qui veut essayer d’autres solutions pour se débarrasser de ses manifestations chroniques », observe le Dr Henri Truong Tan Trung, médecin acupuncteur.»

Bien qu’il n’existe pas de protocole standard, prévoir de trois à six séances, de 15 à 25 minutes chacune et espacées d’une à deux semaines. Moins d’une quinzaine d’aiguilles sont posées sur le visage (nez et sphère ORL) et à distance (mains, pieds selon le diagnostic de médecine chinoise).

« La qualité de vie doit s’améliorer ; les symptômes et la consommation d’antihistaminiques diminuer après au maximum trois séances », explique le médecin.

Les effets sont toutefois modestes et ne perdurent pas forcément au-delà du traitement.

 

Huiles esentielles et rhinite allergique

Quant à l’aromathérapie, « les études qui ont été faites montrent que ces traitements ne sont pas efficaces », tranche l’allergologue.

Françoise Couic-Marinier, docteur en pharmacie, assure que les huiles essentielles de camomille romaine et d’estragon calment les éternuements. « Déposer une goutte de chaque sur un mouchoir à respirer, ou sur un morceau de pain à avaler main et soir, c’est très efficace. »

Les utilisateurs, eux, font valoir que les huiles essentielles leur permettent de réduire le recours aux traitements conventionnels.

Attention : les huiles essentielles peuvent être mal supportées et même allergisantes. Pas plus d’une semaine de prise continue. Un avis médical est nécessaire en cas d’asthme, d’antécédents de convulsion et avant 12 ans.

 

Contre l’allergie, les gestes qui aident

Il est recommandé de rincer son nez matin et soir avec du sérum physiologique.
En cas de rhume des foins, des gestes simples, comme se laver les cheveux et changer de vêtement quand on rentre chez soi, aident à mieux se protéger des pollens.