Poids du cartable. Comment préserver la santé de votre enfant ?

Poids du cartable. Comment préserver la santé de votre enfant ?

Recueilli par Gaëlle LEGRAND.
52 % des familles effectuent leurs achats de rentrée en juillet, selon l’observatoire du label « Approuvé par les familles ». Le choix d’un cartable, pièce maîtresse de la liste de fournitures scolaires, mérite une attention toute particulière. Son poids – souvent bien trop lourd sur le dos des écoliers – fait l’objet de critiques à chaque rentrée. Christophe Fretay, ostéopathe à Rennes prône d’abord la prévention, par la pratique sportive et un dépistage régulier des problèmes posturaux.
 
Selon la dernière étude nationale de la Fédération des conseils des parents d’élève (FCPE), qui date de 2013 et portesur des élèves de CM1, CM2, 6e et 5e, le poids moyen d’un cartable d’un élève français atteint 8,5 kg. La FCPE estimait alors que ce poids représentait 20 % de plus que le poids du corps de l’enfant. Pourtant une circulaire parue au Bulletin Officiel en janvier 2008, adressée aux chefs d’établissements par Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation nationale rappelait que « le poids du cartable est une question de santé publique. »
 
Ce surpoids, supporté par le dos des élèves, est dénoncé à chaque rentrée par les associations de parents d’élèves. « La situation n’a pas dû tellement changer (par rapport à 2013) », estime la FCPE, « même si des efforts ont été faits ».
 
Pour Christophe Fretay, ostéopathe à Rennes, si la question du poids des cartables ne doit pas être négligée, elle ne doit pas occulter la prise en compte globale de la prévention des troubles posturaux chez les enfants. Interview. 
 

8,5 kg sur le dos, c’est trop ?

Ça pose problème au niveau de la posture du corps. Il est absurde de faire porter quelque chose sur le dos à des enfants en pleine croissance. On demande aux randonneurs adultes de limiter le poids de leur sac à dos à 3 kg. Un cartable qui pèse 20 % du poids de l’enfant, c’est aberrant.
 
Quels conseils donner aux parents pour faciliter leur choix de cartable ?
 
C’est surtout le poids de ce qu’il y a dedans qui pose problème. Il vaut mieux privilégier un cartable le plus léger et le plus ajusté possible, avec des bretelles larges, qui respecte la morphologie de l’enfant. Et lui faire essayer. Les sacs à dos légers et près du corps peuvent convenir aux adolescents. Il faut surtout veiller à maintenir la cambrure physiologique, quel que soit l’âge de l’enfant et éviter que le cartable tire le dos en arrière. Mais il y aura toujours des livres de maths et d’histoire à soulever… Moins les enfants portent leur cartable, mieux c’est.
 

Les cartables à roulettes sont-ils adaptés ?

Ils sont séduisants car ils évitent aux enfants de porter. Mais ils induisent un mouvement de rotation du buste lorsqu’on les tire. Qui plus est, si la classe de l’enfant est en étage, cela l’oblige à porter son cartable à bout de bras à la fois en inclinaison et en rotation. Je ne suis pas sûr que ce soit mieux.
 
Le ministère de l’Éducation nationale recommande que le poids global du cartable n’excède pas 10 % du poids de l’enfant…
 
Cela me semble raisonnable. Un peu plus ou un peu moins selon la morphologie de l’enfant. Un cartable d’1,5 à 2 kg serait très bien. Le poids des cartables se répercute sur la colonne vertébrale. Il crée des contraintes mécaniques sur le bas du dos et les articulations qui prédisposent à des compressions des disques de la colonne. 1 kg porté sur le dos est multiplié par 4 en pression sur le genou. 10 % c’est bien mais on ne peut pas se contenter de ça. Il faut surtout sensibiliser les parents sur le dépistage et la prévention des problèmes posturaux.
 

C’est-à-dire ?

On ne résout pas les problèmes posturaux avec des histoires de cartables ! Le problème du poids des cartables ne doit pas occulter la question de la prévention des phénomènes de déviation de la colonne vertébrale et des troubles musculosquelettiques, liés à certaines pathologies ou à l’absence de pratique sportive. Dans 70 % des cas, les troubles posturaux sont corrigeables et on peut en limiter l’aggravation. Les 30 % restants sont d’origine génétique et nécessitent une prise en charge spécifique, souvent lourde comme le port d’un corset ou opération chirurgicale.
 

Comment les repérer ?

Je recommande aux parents de surveiller régulièrement le dos de leur enfant en le faisant se pencher en avant. Si, en regardant à distance de la colonne vertébrale, ils détectent une bosse le long de la colonne, il peut être opportun de consulter un médecin posturologue. Ce dernier établira un bilan et pourra adresser l’enfant à un spécialiste. Un problème de musculature des yeux, de dentition ou d’oreille interne - même si c’est plus rare chez les enfants – ou encore le manque d’activité sportive, peut être à l’origine de troubles posturaux.
 
On peut également vérifier, en installant son enfant de profil, que sa tête, son bassin et ses pieds sont bien alignés. Pour le suivi, un bilan annuel chez un médecin posturologue, pouvant être un kinésithérapeute ou un ostéopathe, est suffisant.
 

Comment les prévenir ?

En faisant pratiquer aux enfants une activité physique régulière [une recommandation également préconisée par le ministère de l’Éducation, N.D.L.R.], correspondant à leur âge. Le moteur doit être l’envie, afin de maintenir un équilibre global. Il vaut mieux aller au plus simple et au plus près de chez soi. Il ne faut pas hésiter à les faire bouger, ramper, sauter, de manière ludique, en organisant des petits « parcours du combattant » par exemple.
 
Un sport combinant un renfort musculaire doux, des étirements doux et faisant travailler le corps dans l’espace, est idéal. Le pire c’est de rester sur son canapé et de ne pas bouger. On est fait pour chasser le mammouth, pas pour être sédentaire !